Climatisation, ventilation : comment rafraîchir mon local en été ?

Depuis la canicule de 2003, les systèmes de climatisation se sont généralisés et ont équipé de plus en plus de locaux et bureaux (+40% de ventes1). Pourtant la climatisation classique est très énergivore, et polluante. Ventilation, climatisation basse-consommation, protections solaires… Faites le point avant l’été ! 

 

Climatisation du local professionnel

Les systèmes de climatisation individuels

On en distingue deux catégories :

  • les monoblocs sont en général des produits peu coûteux, mais peu puissants et bruyants;
  • les split-systèmes sont constitués de deux unités : l’une, à l’extérieur, évacue l’air chaud, l’autre, à l’intérieur, souffle l’air rafraîchi. Ils sont moins bruyants pour l’utilisateur que les monoblocs : la partie la plus bruyante est à l’extérieur. Cet avantage peut devenir un inconvénient pour les voisins, surtout en immeuble. Monoblocs et splits peuvent être mobiles ou fixes.

Les appareils mobiles sont moins chers, mais ils sont aussi moins fiables et consomment plus d’énergie. Ils sont souvent achetés dans l’urgence en cas de vague de chaleur. Ils sont à proscrire !

Les appareils fixes doivent être installés par des professionnels qualifiés.

Attention, certains climatiseurs individuels assurent une fonction «chauffage», soit parce qu’ils sont réversibles, soit parce qu’ils sont équipés de résistances chauffantes. Ils ne sont pas forcément adaptés aux besoins de chauffage d’hiver. Les seconds sont très énergivores.

Ça chauffe pour la climatisation !

Aujourd’hui les climatiseurs sont source de pollution et accroissent l’effet de serre. Les principaux fluides frigorigènes sont à base d’hydrocarbures et sont entre 1 300 et 3 260 fois plus polluants que le CO22 . Un gramme de HFC (hydrofluorocarbure) équivaut ainsi à 1,3 kilo de CO2. De plus, la durée de vie de ce composé dans l’atmosphère est d’environ 50 000 ans, contre une centaine d’années pour le CO2. Ils peuvent s’échapper dans l’atmosphère en cas de vieillesse de l’appareil, d’absence d’entretien ou d’un démontage hasardeux. Ils doivent absolument être démontés par un professionnel.

Niveau facture ce n’est pas mieux : un climatiseur individuel consomme 20 fois plus qu’un ventilateur et plus on souhaite une température fraîche et plus la consommation est élevée (+ 5 à 10% en passant de 26 à 25°C !). Selon l’ADEME, l’utilisation pendant 3 mois d’un climatiseur pour rafraîchir une surface de 45 m² génère une consommation de 2000 kWh au lieu de 3500 kWh pour une année entière ! Il en résulterait une hausse de la facture de 20 à 25%.

Défectueux ou mal entretenus, les climatiseurs peuvent également être sources de légionellose.

Que dit la règlementation ?

Depuis 2007, le fonctionnement des climatiseurs n’est autorisé que lorsque la température intérieure des locaux dépasse 26°C. (article R.131-29)

L’arrêté du 16 avril 2010, impose une inspection des systèmes de climatisation et des pompes à chaleur réversibles d'une puissance supérieure à 12 kW au moins 1 fois tous les 5 ans. Si le système de climatisation a été remplacé entre temps, la première inspection doit être effectuée au plus tard au cours de l'année civile qui suit le remplacement ou l'installation.

Depuis le 1er janvier 2015, il est interdit d’utiliser tous types de fluides HCFC pour la maintenance. Le fluide le plus répandu dans cette catégorie est le R 22.

Quelles alternatives pour être au frais au bureau ?

  • Privilégiez les ventilateurs, ils sont peu gourmands en énergie et moins bruyants qu’une climatisation.
  • Si possible, aérez le matin et le soir en ouvrant des fenêtres opposées, et fermez les fenêtres aux heures les plus chaudes,
  • Protégez votre local du soleil : stores, volets etc, et équipez-vous de film solaire pour vos vitres,
  • Eteignez les appareils non utilisés et optez pour des lampes basse consommation pour éviter la production de chaleur,
  • Pensez aux plantes : si vous êtes propriétaire de votre bureau installez des arbres et plantes grimpantes en façade, optez pour des murs végétaux, et préférez le gazon au béton !
  • Adoptez le puits climatique (aussi appelé puits canadien ou puits provençal) : un conduit souterrain, enterré à 2m de profondeur, amène dans la maison l’air de renouvellement. Celui-ci est rafraîchi par son passage dans le sol, plus frais que l’air extérieur,
  • Il existe aussi des systèmes de rafraîchissement par évaporation : il s'agit de faire évaporer de l'eau et en s'évaporant l'eau absorbe de la chaleur.
  • L’isolation ce n’est pas que pour l’hiver ! Bien isoler les murs et le toit améliore le confort thermique en été.

 

Climatisation d'une boucherie

Pas d’autres choix que la climatisation ?

Il existe aujourd’hui des climatiseurs plus verts comme les modèles solaires ou encore les climatiseurs Inverter. Cette technologie permet au climatiseur d’adapter sa vitesse en fonction de la température ambiante, ce qui évite la succession de démarrages et d’arrêt du compresseur d’un climatiseur classique. L’économie d’énergie peut atteindre 30% (pour un climatiseur Inverter de classe A). Le confort est également plus grand car les fluctuations autour de la température désirée sont nettement moins importantes qu’avec un appareil classique.

La climatisation au gaz présente aussi des avantages : pas de fluides frigorigènes, un fonctionnement très silencieux et une durée de vie supérieure à 20 ans. Il n’impacte pas non plus la puissance électrique de votre local. 

 

Quelques conseils pour récapituler :

  • Si vous utilisez un climatiseur, ne descendez pas plus bas que 5°C sous la température extérieure et sans aller sous 26°C,
  • Lisez les étiquettes énergie,
  • Choisissez un climatiseur fixe : sur les étiquettes énergie, des modèles mobiles même classés A sont parfois comparables à un modèle fixe classé F. Les mobiles sont moins fiables, plus énergivores et obligent à laisser une fenêtre ouverte,
  • Faites entretenir votre climatisation : pour les systèmes de climatisation et de pompes à chaleur réversibles dont la puissance frigorifique est supérieure à 12kW, une inspection périodique est obligatoire,
  • Si votre système comporte des gaines pour l’air (en cas de couplage avec un système de ventilation par exemple), faites-les nettoyer tous les trois ans : elles s’encrassent et peuvent alors présenter un risque sanitaire,
  • Nettoyez vous-même certaines pièces : filtres, bouches d’air,
  • Faites appel à des professionnels qualifiés pour l’achat et l’installation d’une climatisation. Les entreprises habilitées à intervenir sur des circuits frigorifiques doivent être déclarées en préfecture.

1 Source : AREHN

2 Source : ADEME

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